Écrire

23 octobre 2009

C’est pas tous les jours qu’on peut écrire le premier chapitre d’une nouvelle histoire. C’est même très rare qu’on prenne le temps de le faire. Du moins que je prenne le temps de le faire.

J’ai toujours aimé écrire. J’ai toujours écrit. Mais pas assidûment. Jamais assidûment. Je me le suis toujours reproché et maintenant j’essaie d’y remédier. J’ai toujours adoré le médium de l’écriture. Le crayon qui glisse sur la feuille de papier et qui la marque à vie. La feuille de papier qui est prête à boire nos pensées. C’est de la télépathie en fait. Ou plutôt de la télékinésie. Notre cerveau se sert du crayon pour transmettre le résultat de son fonctionnement ininterrompu. Mais ce qui reste sur la feuille est très rarement aussi bon, aussi exaltant que ce qui se cache dans les méandres de cet organe divin.

La vitesse à laquelle fonctionne cet organe est aussi beaucoup trop grande pour que le papier réussisse à capter ne serait-ce que 1% de tout ce qui s’y passe. L’écriture, le geste, est organique. Elle est toujours accompagné d’une démangeaison, d’un picotement. Son voyage du cerveau au papier, laisse un résidu, une marque à travers le corps. Une sensation d’infinie, mais qui finit trop abruptement. Un précipice au fond duquel on ne tombe jamais. On vacille, on chancelle, on voit le fond venir, non on retourne en arrière.

Se sont des sensations que j’ai toujours ressentie pendant que j’écrivais. C’est alors qu’est venu l’ordinateur.

Une invention magnifique que je me disais. Enfin tous mes textes au même endroit. Une quantité infinie de feuilles pour écrire. Une certaine rapidité dans l’exécution, je sais assez bien taper, pour peut-être attraper 2 ou 3% de plus de ce qui se passe dans mon cerveau, sous une forme textuelle. Mais ce n’est pas ce qui est arrivé. Je suis entré comme dans un désert. Je n’étais pas capable de retrouver ces sensations, ce feeling, d’écrire avec un clavier et un écran. La lumière artificielle m’a toujours fait horreur, alors peut-être que c’est cet écran qui me mettait mal à l’aise ? Qui sait ? Je ne sentais pas mon corps vibrer. Par contre je dois avouer que je ne retournais pas non plus à l’écriture traditionnelle. Me trouvant peut-être trop niaiseux de ne pas être capable de vaincre mon inconfort devant une machine. Qui sait ?

Ce que je sais c’est qu’aujourd’hui j’ai décidé de m’y mettre et j’espère que cette fois je vais être capable de faire durer cela pour un bon bout de temps.

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